La passion et la ferveur remplacent-elles l’expérience et le savoir-faire? Pour sa piscine couverte, Gérard a su en tout cas démontrer que la piscine « faite avec son cœur » pouvait rivaliser d’élégance avec les réalisations les plus abouties des professionnels.
Construire une piscine n’avait pourtant jamais été son obsession. Mais lorsqu’en 2004, un terrain se vend au bout de sa propriété, Gérard se dit que c’est peut-être un signe. A 70 ans, cet ancien industriel est encore très actif (il ne prendra sa retraite – partielle – que quatre ans plus tard), mais il ne serait pas opposé à une amélioration de sa qualité de vie. L’idée de la piscine vient de naître. Le terrain voisin est donc rapidement acheté, le bâtiment qui s’y trouvait, démoli.
« J’avais tellement entendu des propriétaires de piscines extérieures se plaindre de l’entretien, que mon siège était fait : il me fallait une piscine couverte. De toute façon, c’est moins ostentatoire qu’une piscine ouverte. » Pas question non plus de faire n’importe quoi et de dénaturer l’environnement de ce presbytère de 1825, que Gérard a mis trois ans à rénover. Les raisons de conforter son choix ne manquent pas « Nous sommes à 160 kilomètres de la mer, une piscine n’était pas un caprice ! » sourit-il. D’autant que la température moyenne de son bassin à 28°C est plutôt séduisante face à la fraicheur de l’Atlantique…
Très vite le bâtiment s’élève, avec une grande baie vitrée latérale qui s’efface complètement et une autre qui s’ouvre en deux parties, surmontée d’une aérienne (mais solide) structure métallique, supportant des plaques légères. Situé à 50 mètres de la maison principale, le bâtiment abrite un bassin de 5×10 m, des douches et des toilettes : presque un club-house privé! Le propriétaire des lieux l’utilise tout au long de l’année, à raison de dix jours par mois en moyenne. « En fait, j’ai eu beaucoup de chance, reconnaît Gérard. Tout s’est parfaitement déroulé avec l’équipe Desjoyaux, que j’ai trouvée particulièrement sérieuse et appliquée, et aussi grâce à la complicité de mon architecte. »
Et c’est justement l’architecte qui va, sans le savoir, apporter la touche finale (et magique) à ce projet. Un jour, il amène avec lui un artiste peintre Jean Chaintrier qui, séduit par le lieu, propose de réaliser une suite de tableaux s’inscrivant parfaitement dans l’espace de cette piscine atypique. Le résultat séduit Gérard et sa compagne Marie. Une fois les toiles fixées au mur et vernies, l’endroit a pris des allures de galerie d’art. Ce cheminement de toiles aux courbes turquoise reproduisent ce que seuls les spas très raffinés proposent à leurs clients : la parfaite satisfaction du corps (en nageant dans la piscine) et de l’esprit qui voyage en suivant des yeux ces tableaux inspirés.
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